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maculabulligen

Guillaume Blanc-Marianne

stroking the smoke while lamenting the social realities

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Opening May 20th! Paris


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Walter Pichler, Tiere und Tiergefäße, 22-23.04.1973


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my text for Nicolas Lebeau’s (@laconieauleb) show « Would you wear my eyes ? » @mennour
on view until april 4th
full text FR+EN in slides

« Reality has become more violent, colder, and Nicolas Lebeau takes it upon himself to devise an antidote to the gangrene. Facing the acknowledgment that the visible and the image, a fortiori photography, are closely related to power and predation, he chooses practices of distortion of the visible and its monitoring […], the refuge of the sacred facing the outrageously profane language of surveillance and quantification; slow speed, loss, fragility against the dictates of productivity; existences drifting to escape the ruled ways of technocracy. As he reckons, it is there that are produced the “antibodies” and that appears the “immune process” against the violence of control. And he asks a question: do the monitoring devices protect us against danger, or do they invent and feed it? »

« Le réel s’est brutalisé, refroidi, et Nicolas Lebeau fait son affaire d’élaborer un antidote à la gangrène. Face au constat que le visible et l’image, a fortiori la photographie, sont intimement liés au pouvoir et à la prédation, il opte pour des pratiques d’altération du visible et de son contrôle […], le refuge du sacré face au langage outrageusement profane de la surveillance et de la quantification ; la lenteur, la déperdition, la fragilité contre les injonctions productivistes ; les vies à la dérive pour échapper aux voies réglées de la technocratie. C’est là, comme il l’estime, que sont peut-être produits les « anticorps » et que se manifeste un « processus immunitaire » contre la violence du contrôle. Et il pose une question : est-ce que les dispositifs de contrôle protègent du danger, ou est-ce qu’ils l’inventent et le nourrissent ? »

thanks to @meganlmacnaughton and everyone else involved


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« Reality has become more violent, colder, and Nicolas Lebeau takes it upon himself to devise an antidote to the gangrene. Facing the acknowledgment that the visible and the image, a fortiori photography, are closely related to power and predation, he chooses practices of distortion of the visible and its monitoring […], the refuge of the sacred facing the outrageously profane language of surveillance and quantification; slow speed, loss, fragility against the dictates of productivity; existences drifting to escape the ruled ways of technocracy. As he reckons, it is there that are produced the “antibodies” and that appears the “immune process” against the violence of control. And he asks a question: do the monitoring devices protect us against danger, or do they invent and feed it? »

« Le réel s’est brutalisé, refroidi, et Nicolas Lebeau fait son affaire d’élaborer un antidote à la gangrène. Face au constat que le visible et l’image, a fortiori la photographie, sont intimement liés au pouvoir et à la prédation, il opte pour des pratiques d’altération du visible et de son contrôle […], le refuge du sacré face au langage outrageusement profane de la surveillance et de la quantification ; la lenteur, la déperdition, la fragilité contre les injonctions productivistes ; les vies à la dérive pour échapper aux voies réglées de la technocratie. C’est là, comme il l’estime, que sont peut-être produits les « anticorps » et que se manifeste un « processus immunitaire » contre la violence du contrôle. Et il pose une question : est-ce que les dispositifs de contrôle protègent du danger, ou est-ce qu’ils l’inventent et le nourrissent ? »

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« Le réel s’est brutalisé, refroidi, et Nicolas Lebeau fait son affaire d’élaborer un antidote à la gangrène. Face au constat que le visible et l’image, a fortiori la photographie, sont intimement liés au pouvoir et à la prédation, il opte pour des pratiques d’altération du visible et de son contrôle […], le refuge du sacré face au langage outrageusement profane de la surveillance et de la quantification ; la lenteur, la déperdition, la fragilité contre les injonctions productivistes ; les vies à la dérive pour échapper aux voies réglées de la technocratie. C’est là, comme il l’estime, que sont peut-être produits les « anticorps » et que se manifeste un « processus immunitaire » contre la violence du contrôle. Et il pose une question : est-ce que les dispositifs de contrôle protègent du danger, ou est-ce qu’ils l’inventent et le nourrissent ? »

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4
1 months ago

my text for Nicolas Lebeau’s (@laconieauleb) show « Would you wear my eyes ? » @mennour
on view until april 4th
full text FR+EN in slides

« Reality has become more violent, colder, and Nicolas Lebeau takes it upon himself to devise an antidote to the gangrene. Facing the acknowledgment that the visible and the image, a fortiori photography, are closely related to power and predation, he chooses practices of distortion of the visible and its monitoring […], the refuge of the sacred facing the outrageously profane language of surveillance and quantification; slow speed, loss, fragility against the dictates of productivity; existences drifting to escape the ruled ways of technocracy. As he reckons, it is there that are produced the “antibodies” and that appears the “immune process” against the violence of control. And he asks a question: do the monitoring devices protect us against danger, or do they invent and feed it? »

« Le réel s’est brutalisé, refroidi, et Nicolas Lebeau fait son affaire d’élaborer un antidote à la gangrène. Face au constat que le visible et l’image, a fortiori la photographie, sont intimement liés au pouvoir et à la prédation, il opte pour des pratiques d’altération du visible et de son contrôle […], le refuge du sacré face au langage outrageusement profane de la surveillance et de la quantification ; la lenteur, la déperdition, la fragilité contre les injonctions productivistes ; les vies à la dérive pour échapper aux voies réglées de la technocratie. C’est là, comme il l’estime, que sont peut-être produits les « anticorps » et que se manifeste un « processus immunitaire » contre la violence du contrôle. Et il pose une question : est-ce que les dispositifs de contrôle protègent du danger, ou est-ce qu’ils l’inventent et le nourrissent ? »

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« Reality has become more violent, colder, and Nicolas Lebeau takes it upon himself to devise an antidote to the gangrene. Facing the acknowledgment that the visible and the image, a fortiori photography, are closely related to power and predation, he chooses practices of distortion of the visible and its monitoring […], the refuge of the sacred facing the outrageously profane language of surveillance and quantification; slow speed, loss, fragility against the dictates of productivity; existences drifting to escape the ruled ways of technocracy. As he reckons, it is there that are produced the “antibodies” and that appears the “immune process” against the violence of control. And he asks a question: do the monitoring devices protect us against danger, or do they invent and feed it? »

« Le réel s’est brutalisé, refroidi, et Nicolas Lebeau fait son affaire d’élaborer un antidote à la gangrène. Face au constat que le visible et l’image, a fortiori la photographie, sont intimement liés au pouvoir et à la prédation, il opte pour des pratiques d’altération du visible et de son contrôle […], le refuge du sacré face au langage outrageusement profane de la surveillance et de la quantification ; la lenteur, la déperdition, la fragilité contre les injonctions productivistes ; les vies à la dérive pour échapper aux voies réglées de la technocratie. C’est là, comme il l’estime, que sont peut-être produits les « anticorps » et que se manifeste un « processus immunitaire » contre la violence du contrôle. Et il pose une question : est-ce que les dispositifs de contrôle protègent du danger, ou est-ce qu’ils l’inventent et le nourrissent ? »

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my text for Pol Taburet’s (@yves_ciroc) The Hat and the Hunt @cahiersdart
+++meet us for a talk in the exhibition space on jan 15 6pm or follow @cahiersdart for a live broadcast

FR (+ EN in carrousel)
Les figures écartelées du Greco, les moines de Zurbarán qui « glisse[nt] silencieux sur les dalles des morts », les cauchemars de Goya se succèdent dans les couloirs du Prado. Goya, surtout, le Goya bien vieux et à l’œil pour toujours terrifié parce qu’il a vu bien des horreurs ; le Goya « maître dans l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise [entraîné] à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans d’horribles noirs de bitumes ». On l’a mis tout au fond du musée, dans une salle où les pinturas negras font taire tous les orgueils et rappellent à quel point une certaine Espagne se pense et se vit en noir. À quelques rues de là, on se salue et s’enivre dans un bar appelé Dolores – « douleurs », et plus loin encore, d’une autre pièce aux rideaux tirés et à la porte entrouverte, s’échappe le hurlement flamenco d’un cantaor qui brise le silence qu’on a fait pour lui.
C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

thanks @hello_caroline_heinzmann @mendeswooddm @lanwapierre @sandrinefragasso :))


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5
4 months ago

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Les figures écartelées du Greco, les moines de Zurbarán qui « glisse[nt] silencieux sur les dalles des morts », les cauchemars de Goya se succèdent dans les couloirs du Prado. Goya, surtout, le Goya bien vieux et à l’œil pour toujours terrifié parce qu’il a vu bien des horreurs ; le Goya « maître dans l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise [entraîné] à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans d’horribles noirs de bitumes ». On l’a mis tout au fond du musée, dans une salle où les pinturas negras font taire tous les orgueils et rappellent à quel point une certaine Espagne se pense et se vit en noir. À quelques rues de là, on se salue et s’enivre dans un bar appelé Dolores – « douleurs », et plus loin encore, d’une autre pièce aux rideaux tirés et à la porte entrouverte, s’échappe le hurlement flamenco d’un cantaor qui brise le silence qu’on a fait pour lui.
C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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Les figures écartelées du Greco, les moines de Zurbarán qui « glisse[nt] silencieux sur les dalles des morts », les cauchemars de Goya se succèdent dans les couloirs du Prado. Goya, surtout, le Goya bien vieux et à l’œil pour toujours terrifié parce qu’il a vu bien des horreurs ; le Goya « maître dans l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise [entraîné] à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans d’horribles noirs de bitumes ». On l’a mis tout au fond du musée, dans une salle où les pinturas negras font taire tous les orgueils et rappellent à quel point une certaine Espagne se pense et se vit en noir. À quelques rues de là, on se salue et s’enivre dans un bar appelé Dolores – « douleurs », et plus loin encore, d’une autre pièce aux rideaux tirés et à la porte entrouverte, s’échappe le hurlement flamenco d’un cantaor qui brise le silence qu’on a fait pour lui.
C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

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FR (+ EN in carrousel)
Les figures écartelées du Greco, les moines de Zurbarán qui « glisse[nt] silencieux sur les dalles des morts », les cauchemars de Goya se succèdent dans les couloirs du Prado. Goya, surtout, le Goya bien vieux et à l’œil pour toujours terrifié parce qu’il a vu bien des horreurs ; le Goya « maître dans l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise [entraîné] à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans d’horribles noirs de bitumes ». On l’a mis tout au fond du musée, dans une salle où les pinturas negras font taire tous les orgueils et rappellent à quel point une certaine Espagne se pense et se vit en noir. À quelques rues de là, on se salue et s’enivre dans un bar appelé Dolores – « douleurs », et plus loin encore, d’une autre pièce aux rideaux tirés et à la porte entrouverte, s’échappe le hurlement flamenco d’un cantaor qui brise le silence qu’on a fait pour lui.
C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

thanks @hello_caroline_heinzmann @mendeswooddm @lanwapierre @sandrinefragasso :))


222
5
4 months ago

my text for Pol Taburet’s (@yves_ciroc) The Hat and the Hunt @cahiersdart
+++meet us for a talk in the exhibition space on jan 15 6pm or follow @cahiersdart for a live broadcast

FR (+ EN in carrousel)
Les figures écartelées du Greco, les moines de Zurbarán qui « glisse[nt] silencieux sur les dalles des morts », les cauchemars de Goya se succèdent dans les couloirs du Prado. Goya, surtout, le Goya bien vieux et à l’œil pour toujours terrifié parce qu’il a vu bien des horreurs ; le Goya « maître dans l’utilisation des gris, des argents et des roses de la meilleure peinture anglaise [entraîné] à peindre avec ses genoux et avec ses poings dans d’horribles noirs de bitumes ». On l’a mis tout au fond du musée, dans une salle où les pinturas negras font taire tous les orgueils et rappellent à quel point une certaine Espagne se pense et se vit en noir. À quelques rues de là, on se salue et s’enivre dans un bar appelé Dolores – « douleurs », et plus loin encore, d’une autre pièce aux rideaux tirés et à la porte entrouverte, s’échappe le hurlement flamenco d’un cantaor qui brise le silence qu’on a fait pour lui.
C’est dans cette Espagne-là, « pays ouvert à la mort », où l’on acclame la faucheuse lorsqu’elle se penche à la fenêtre, où on la porte sur le dos quand elle fatigue, que Pol Taburet s’est essayé à la lithographie. Il l’a fait dans l’air imbu de légendes et de fantômes de Madrid, sous l’œil de l’esprit-maître Goya (car il faut l’appeler ainsi) et avec des intentions qui lui font hommage : chasse à l’homme en tête, qui n’est rien de moins qu’une « tradition biblique » et l’une des façons de gérer le monde, surtout lorsqu’il s’agit de la contenir.

thanks @hello_caroline_heinzmann @mendeswooddm @lanwapierre @sandrinefragasso :))


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5
4 months ago

mon texte pour le show d’ @augustinkatz_ chez @essais_paris

FR
« Il est en effet des choses qui fondent et qu’on ne peut rattraper, faute d’en avoir apprécié la matière. Il en est d’autres qui se laissent saisir dans leur nature fragmentaire, frappant là où une mémoire erratique s’impose à l’esprit comme une porte qui s’ouvrirait d’elle-même, sans que rien ne lui fut demandé. Une lumière faible paraît et indique une issue, un couloir tout au plus, en tout cas un espace où gisent des souvenirs voilés, glissants et où pointent parfois une figure troublante, au teint délavé par l’imminence de la mort qui la nargue.

À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

EN
« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

What does purgatory look like? Few people know, except that it is a liminal place where everything is at stake. »

on view until january 17
merci @antoine_clauss @louisdufreche


150
3
4 months ago

mon texte pour le show d’ @augustinkatz_ chez @essais_paris

FR
« Il est en effet des choses qui fondent et qu’on ne peut rattraper, faute d’en avoir apprécié la matière. Il en est d’autres qui se laissent saisir dans leur nature fragmentaire, frappant là où une mémoire erratique s’impose à l’esprit comme une porte qui s’ouvrirait d’elle-même, sans que rien ne lui fut demandé. Une lumière faible paraît et indique une issue, un couloir tout au plus, en tout cas un espace où gisent des souvenirs voilés, glissants et où pointent parfois une figure troublante, au teint délavé par l’imminence de la mort qui la nargue.

À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

EN
« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

What does purgatory look like? Few people know, except that it is a liminal place where everything is at stake. »

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« Il est en effet des choses qui fondent et qu’on ne peut rattraper, faute d’en avoir apprécié la matière. Il en est d’autres qui se laissent saisir dans leur nature fragmentaire, frappant là où une mémoire erratique s’impose à l’esprit comme une porte qui s’ouvrirait d’elle-même, sans que rien ne lui fut demandé. Une lumière faible paraît et indique une issue, un couloir tout au plus, en tout cas un espace où gisent des souvenirs voilés, glissants et où pointent parfois une figure troublante, au teint délavé par l’imminence de la mort qui la nargue.

À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

EN
« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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« Il est en effet des choses qui fondent et qu’on ne peut rattraper, faute d’en avoir apprécié la matière. Il en est d’autres qui se laissent saisir dans leur nature fragmentaire, frappant là où une mémoire erratique s’impose à l’esprit comme une porte qui s’ouvrirait d’elle-même, sans que rien ne lui fut demandé. Une lumière faible paraît et indique une issue, un couloir tout au plus, en tout cas un espace où gisent des souvenirs voilés, glissants et où pointent parfois une figure troublante, au teint délavé par l’imminence de la mort qui la nargue.

À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

EN
« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

What does purgatory look like? Few people know, except that it is a liminal place where everything is at stake. »

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

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« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

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À quoi ressemble un purgatoire ? Pas grand-monde ne le sait, sinon qu’il est question d’un entre-deux où tout se joue. »

EN
« There are things that melt away and cannot be reclaimed, simply because their substance was never fully grasped. And there are others that can be understood in their fragmentary nature, striking at the very moment when erratic memory takes over the mind, like a door swinging open on its own without having been commanded. A faint light appears and reveals a way through, perhaps only a corridor, or a space where memories lie veiled and slippery, and where, now and then, a troubling figure emerges, its complexion washed out by the imminence of the death that taunts it.

What does purgatory look like? Few people know, except that it is a liminal place where everything is at stake. »

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3
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dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

disponible dans pas mal de bonnes librairies
merci @paulolivennes pour l’invite et toute l’équipe

EN in comments


152
8
4 months ago

dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

disponible dans pas mal de bonnes librairies
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dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

disponible dans pas mal de bonnes librairies
merci @paulolivennes pour l’invite et toute l’équipe

EN in comments


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8
4 months ago

dans le dernier @magmajournal, encore un texte sur Pol Taburet (@yves_ciroc), sur ses dessins et ses poèmes cette fois. Aucun d’eux n’est vraiment étranger àce malin génie que les Andalous appellent duende et qui essaime et virevolte bien au-delà de l’Espagne, en tout cas partout où l’on tient pour acquis que la vie a bien plus affaire avec la mort qu’on ne se l’imagine ici et que le noir ne rend pas aveugle, bien au contraire

« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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« […] le noir est tout un peuple : il y a le noir de vigne, de mars, de fumée, d’ivoire ou ébène, le noir de l’os calciné, celui qui ne se sépare jamais de l’or et de la lumière, mais les absorbe pour mieux se montrer ; il y a le noir du châtiment, le noir qui brille de la panthère, le noir-de-sang qui a coagulé dans la bouche, le noir de tous les incendies et celui de l’infigurable infini, le noir du jazz au fond du bar à minuit, le noir de la pire humeur et celui d’un regard hostile ou d’une âme, le noir de la rature, de la censure, et le noir le plus tenace, celui contre lequel rien ne sert de se battre : le noir de la mort après que les yeux se sont fermés. […] »

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very happy to have written the text for the latest book by my friend @mariequeau, gathering both her iconographic research and her own artistic production, and published by @roma.publications on the occasion of her turbulent and dantesque exhibition at @le_bal (now open)

a matter of sparklings in your head, of staged disasters and perspiration, of ecstasy and violence, of falling and fury, of a free soul drifting away and of near-death experience

‘La dérive et les limites’ / ‘Drifts and Limits’
FR+EN


202
5
5 months ago

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Very happy to have contributed to @bendteyckermans ‘s book published by @posture_editions, alongside a text by @pietroscm
My thanks to @mendeswooddm, @lanwapierre and @carlos_ishikawa for their support and @sandrinefragasso for the translation

text in fr+en


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Oi ! Vou dar uma palestra no Paço Imperial, no Rio de Janeiro, nesta quinta-feira às 15h, sobre o meu querido Pol Taburet. O título é: « Pol Taburet ou a hipótese afro-romântica ». A palestra será em francês e português. Todos são muito bem-vindos
Muito obrigado ao Tadeu Capistrano pelo convite

I’m giving a talk at the Paço Imperial in Rio de Janeiro this Thursday at 3 PM, about my dear Pol Taburet. It’s called “Pol Taburet or the Afro-Romantic Hypothesis“ and it will be in French and Portuguese. You’re all very welcome!
Many thanks to Tadeu Capistrano for the invite

@yves_ciroc
@mendeswooddm


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8 months ago

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Leah Gordon, Kanaval in Jacmel, Haïtï, 1990s-2010s


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Leah Gordon, Kanaval in Jacmel, Haïtï, 1990s-2010s


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8 months ago

the debate between Georges Didi-Huberman, Enzo Traverso & myself, initially published online on AOC, has now been available on paper in most bookshops since the 25th of april

a whole book about one single photograph, taken by Gilles Caron during the Battle of Bogside in Derry, Northern Ireland, at the very start of the Troubles (mid-august 1969), igniting a 30-year era of conflict

brave crazy kids bare hands fighting heavily armed policemen, flame showers falling from building rooftops, armoured vehicles destroying makeshift barricades, Molotov cocktails family workshops, thick CS gas fog, thousands of stone throws, seesaw combats, and a bit of image and independence struggle theories

free Derry
free Palestine
free everything but f@sc!sts


213
14
11 months ago

the debate between Georges Didi-Huberman, Enzo Traverso & myself, initially published online on AOC, has now been available on paper in most bookshops since the 25th of april

a whole book about one single photograph, taken by Gilles Caron during the Battle of Bogside in Derry, Northern Ireland, at the very start of the Troubles (mid-august 1969), igniting a 30-year era of conflict

brave crazy kids bare hands fighting heavily armed policemen, flame showers falling from building rooftops, armoured vehicles destroying makeshift barricades, Molotov cocktails family workshops, thick CS gas fog, thousands of stone throws, seesaw combats, and a bit of image and independence struggle theories

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the debate between Georges Didi-Huberman, Enzo Traverso & myself, initially published online on AOC, has now been available on paper in most bookshops since the 25th of april

a whole book about one single photograph, taken by Gilles Caron during the Battle of Bogside in Derry, Northern Ireland, at the very start of the Troubles (mid-august 1969), igniting a 30-year era of conflict

brave crazy kids bare hands fighting heavily armed policemen, flame showers falling from building rooftops, armoured vehicles destroying makeshift barricades, Molotov cocktails family workshops, thick CS gas fog, thousands of stone throws, seesaw combats, and a bit of image and independence struggle theories

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brave crazy kids bare hands fighting heavily armed policemen, flame showers falling from building rooftops, armoured vehicles destroying makeshift barricades, Molotov cocktails family workshops, thick CS gas fog, thousands of stone throws, seesaw combats, and a bit of image and independence struggle theories

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the debate between Georges Didi-Huberman, Enzo Traverso & myself, initially published online on AOC, has now been available on paper in most bookshops since the 25th of april

a whole book about one single photograph, taken by Gilles Caron during the Battle of Bogside in Derry, Northern Ireland, at the very start of the Troubles (mid-august 1969), igniting a 30-year era of conflict

brave crazy kids bare hands fighting heavily armed policemen, flame showers falling from building rooftops, armoured vehicles destroying makeshift barricades, Molotov cocktails family workshops, thick CS gas fog, thousands of stone throws, seesaw combats, and a bit of image and independence struggle theories

free Derry
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Kazuo Ōno by Daniel Schmid (1994)
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1 years ago


Story Save - Best free tool for saving Stories, Reels, Photos, Videos, Highlights, IGTV to your phone.

Story-save.com is an intuitive online tool that enables users to download and save a variety of content, including stories, photos, videos, and IGTV materials, directly from Instagram. With Story-Save, you can not only easily download diverse content from Instagram but also view it at your convenience, even without internet access. This tool is perfect for those moments when you come across something interesting on Instagram and want to save it for later viewing. Use Story-Save to ensure you don't miss the chance to take your favorite Instagram moments with you!

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